La justice qui tue et la mort qui punit…

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Introduction à la publication d’extraits du débat Jaurès – Barrès à la tribune de la Chambre des députés, à propos du projet de loi d’abolition de la peine de mort. Paru dans Humœurs, revue sur les questions de société créée en 1993 par les animateurs du Collectif pour le Contrat d’union civil. Vous pouvez retrouver le compte-rendu de la séance de la Chambre des députés de juillet 1908 ici.
La peine de mort… Pour ? Contre ? Ce débat traverse et anime la société française depuis la Révolution. Avant celle-ci, la mort comme punition semblait aller de soi. Les concepteurs des peines capitales étaient… inventifs. Selon qu’on était militaire ou civil, noble ou roturier, selon la nature du crime commis, on pouvait être écartelé, pendu, empalé, brûlé vif, exécuté à la hache, à l’épée,… Un signe de trouble, cependant, face à ce genre de décision de justice : le statut du bourreau. Véritable exilé social, il était au banc de la haute société et considéré avec méfiance par le peuple.

Un certain Guillotin et le souci d’égalité des révolutionnaires de 1789 ont unifié les modes d’exécution pour n’en retenir qu’un : la tête tranchée par la guillotine. Elle ne cessa de fonctionner qu’en 1981.

L’abolition n’a pas clos le débat pour autant. Régulièrement, on la réclame pour telle ou telle catégorie de victime (policiers, enfants, …). Avec ce débat reste posée la question du rôle de la justice. Instrument de vengeance ou outil de rédemption et de réinsertion ?

En juillet 1908 devant la Chambre des députés, c’est bien ces deux conceptions de la justice – par conséquent de l’être humain lui-même – qui s’affrontent. La question est d’actualité. Le président Fallière, élu en 1906, est un abolitionniste convaincu. Il gracie systématiquement les condamnés à mort. En 1906, la commission du budget de la Chambre supprime les crédits affectés au traitement du bourreau. «Le Petit Parisien» organise un «référendum» sur la peine de mort. Il obtient 1 412 347 réponses : 1 083 655 «pour» et 328 692 «contre». En 1908 la chambre discute d’un projet de loi abolissant la peine de mort défendu par Aristide Briand, garde des Sceaux du premier gouvernement Clémenceau. Deux hommes s’affrontent à la tribune du Palais Bourbon : Maurice Barrès, 46 ans, député du 1er arrondissement de Paris, et Jean Jaurès, 49 ans, député socialiste du Tarn.

Vous pouvez retrouver le compte-rendu de la séance de la Chambre des députés
de juillet 1908 ici.

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