Aux armes, téléspectateurs !

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Résultat d’un travail collectif mené au sein de l’Association de recherches et d’études sociales (ARES), sur la télévision. Ce texte donne, en creux, une idée du combat pour le pouvoir qui se mène aujourd’hui autour du média «internet». En effet, si ce dernier a brisé le monologue des puissants ressassé par la télévision, média «descendant» par excellence, le combat n’est pas achevé. Internet peut être mieux que la télévision. Il peut aussi être pire en entretenant l’illusion, et seulement l’illusion, qu’il n’est pas un média «descendant», c’est à dire à sens unique.  

«J’ai retourné ma télé, de l’autre côté c’est passionnant» chantait Boris Vian. Voire. Voici, sans façon, quelques paroles de téléspectateurs : « Dans la cuisine, mon poste est branché en permanence. Si la télé n’est pas allumée, on est perdu. Si elle est en panne, il y a urgence. Les réparateurs doivent savoir à quel point ils sont indispensables ». « La télévision a été ma meilleure amie, ma confidente, un remède à mon ennui et à ma solitude. Elle m’a aidée à comprendre, à approfondir les choses de la vie ». « J’avoue que le poste de télévision m’est aussi important que ma petite cuisine. J’aime les dessins animés, les films drôles qui me font oublier la morosité du temps ». Ne trichons pas. Qui de nous ne se reconnait dans tout ou partie de ces paroles ? Relations complexes que celles que nous entretenons avec la télévision. L’objet a la réputation d’avoir moulé notre société de fin de siècle obscure. Il est chargé d’amener pèle-mêle le réel et l’imaginaire dans nos salons ou nos chambres à coucher. Il lui arrive d’ailleurs parfois de se mélanger les canaux. C’est une des manifestations du malaise, car malaise il y a. D’un outil porteur d’espérance, moyen de communication le plus élaboré conçu par l’Homme, nous avons fait une sentinelle de la solitude, un vecteur de réalités tronquées, mises en scène. L’heure n’est pourtant pas à l’autodafé. Plus que la technique, c’est la façon dont nous avons décidé de l’utiliser qui est en cause. C’est donc sur elle qu’il y a à agir.

Ce que nous ne montrons pas n’existe pas

Loin des réalités vulgaires, loin du terrain, dont elle a fait table rase. la sphère audiovisuelle s’est bâti un monde à elle qui fonctionne en vase clos. Confondant allègrement contenant et contenu, voilà des présentateurs, des journalistes, des speakers qui se sont fait vedettes, héros parfois. Leurs états de service respectifs ne sont pour rien dans ces bonnes places sur les marches de la gloire. Débarquer régulièrement, sans frapper, chez des millions d’entre nous suffit. Bref, la télévision nous montre la télévision. Et nous la regardons ! Jusqu’aux sit·com («Hélène et les garçons», «Seconde B», «Top-mod»,…) qui mettent en scène, sous de faux airs de sagas réalistes, une société asocialisée, aseptisée, insonorisée. Miroir Coué des trente glorieuses, elle est aujourd’hui sourde aux hurlements d’une société gravement malade. Voilà le vrai handicap de notre télévision. Deux glissements viennent élargir cette coupure du réel.

Observons d’abord que la capacité d’évocation de l’audiovisuel a été poussée jusqu’à son paroxysme, mettant à mal la pensée moderne née de la Révolution, Le «Nous montrons ce qui existe» des belles professions de foi d’antan s’est subrepticement mué en «ce que nous ne montrons pas n’existe pas». D’où une très nette tendance des décideurs à «régler» les problèmes en ne les montrant plus ou en les montrant autrement. La dérive n’est pas neuve, Elle s’est accentuée avec l’outil télévision, Ainsi, ces mots de Jules Ferry, prononcés il y a un siècle : «les deux principaux ennemis de la pensée moderne : le mysticisme d’une part, et la frivolité intellectuelle, de l’autre. (…) La frivolité, cette frivolité mondaine qui s’aveugle volontairement, qui vit au jour le jour, qui trouve plus commode de ne pas voir les questions que d’essayer de les résoudre». L’analyse a bien vieilli, non ? Le chassé·croisé Somalie-Yougoslavie dans nos journaux télévisés est éloquent à cet égard. Parle-t-on de la Somalie aujourd’hui ? Non. On y crève pourtant de faim. On y viole encore des femmes. On y tue toujours des enfants. Et les realityshows ? On peut penser qu’un sursaut de sincérité a poussé les adaptateurs frenchies de ces spectacles à conserver le mot anglais pour les désigner. Comme pour ne pas salir notre vocabulaire par un monstrueux mensonge… Car, là encore, on manipule. On montre, on généralise, on caricature, on compartimente, on stigmatise, on standardise les comportements humains : «attention mesdames, messieurs, voici par ordre d’apparition à l’écran, L’alcoolique, Le drogué, Le handicapé, Le sidéen, Le zonard, Le clochard, Le casseur, L’enfant violé, Le père incestueux, Le catholique intégriste, L’homosexuel, La mère en prison…» et un raton laveur, un ! N’oublions pourtant pas ceci : catégoriser, en grec, signifie accuser… De témoin, la télévision s’est faite Dieu : elle crée (puisqu’elle nomme et qu’elle montre) les gens, les faits, les idées et les fait vivre. Le réel n’a qu’a bien se tenir.

Ensuite, une profonde modification du processus d’information est intervenue. les média ont été créés pour rapporter des faits, les analyser, les faire comprendre. Cette mission leur donnait un rôle de premier plan dans la vie républicaine. La télévision telle qu’elle se fait aujourd’hui s’est fixée pour objectif de mettre en rapport, le plus directement possible, le téléspectateur et l’événement. La création de «France Infos», par Radio-France, et du quotidien «lnfoMatin» sont l’exacte correspondance, dans leurs media respectifs, de l’approche télévisuelle de l’information. La démarche suppose quelques simplifications, c’est le moins qu’on puisse écrire. Ainsi, on a été incapable de rapporter convenablement la guerre en Yougoslavie, Comment résumer en un «panoramique» post·bombardement, une guerre qui n’oppose pas des bons tout ce qu’il y a de meilleurs à des méchants tout ce qu’il y a de plus cruels ? Comment expliquer avec l’image d’une jambe fraîchement arrachée par une mine antipersonnel, un conflit qui trouve ses racines dans l’histoire complexe de ce pays, dans les ambitions ravageuses des hommes, dans les rancunes accumulées, dans les frustrations additionnées ? Comment faire comprendre que ce n’est pas en «zappant» (fut-ce en treillis, dans la cabine d’un mirage gavé de bombes, à la verticale de Sarajevo) qu’on arrêtera cette guerre ? Pas simple…

Les autoroutes audiovisuelles à péages

Le malaise ne peut, pour l’instant, que croitre et enlaidir. La quasi-totalité des débats sur la télé ne se portent pas sur le bon terrain, nous ne sommes pas armés pour porter un regard critique sur ce qu’elle nous montre et nous sommes incapables de nous approprier en citoyens ce moyen de communication régi par une logique simplement économique. Il n’est pas contestable que les media touchent en profondeur l’organisation et le fonctionnement de la société. C’est donc une question politique. Alors pourquoi les politiques ne se saisissent pas du débat ? Il ne s’agit pas, en la matière, de mettre Canal + au pas. TF1 dans sa poche et FranceTélévision à ses pieds. Cette démarche·là procède simplement d’une volonté de contrôler le flux d’informations. On veut pouvoir régler les problèmes en ne les montrant plus. Le véritable enjeu, est technique. Et la question technique est à l’audiovisuel ce que la question sociale est à l’économie. Personne ne veut la prendre à bras le corps, mais chacun a bien compris qu’elle déterminera l’avenir collectif. Les vainqueurs de la «guerre technologique mondiale» seront les émetteurs de demain. Ils détiendront le pouvoir économique, culturel, et le pouvoir politique, disposant d’un formidable moyen de diffusion. D’ici à la prochaine décennie, on pourra avoir chez soi un unique appareil capable de combiner les trois techniques de communication du XXe siècle : l’informatique, le téléphone et la télévision. On parle «d’autoroutes audiovisuelles», de «place du marché électroniques». Les images fleurent bon le terroir. C’est à peu près tout ce qu’il y a de bucolique. Les autoroutes seront à péages. Et les places du marché ne seront pas libres d’accès. la patente sera lourde et avant tout culturelle. Pour nous le prix risque d’être un renoncement à l’idéal républicain. Dans cette perspective, à court terme, puisqu’il s’avère que nous ne serons pas de grands créateurs ni de grands émetteurs, il importe particulièrement de ne pas demeurer des récepteurs passifs.

Une école qui reste à construire

Or, nous ne sommes pas adultes face à la télévision. Voici plus d’un siècle, on a créé l’école de la République. Le but était d’apprendre à lire, à écrire, de transmettre les valeurs républicaines et de doter chacun d’un libre·arbitre, seul outil indispensable au citoyen. La méthode était adaptée aux media dont on disposait à l’époque : essentiellement l’écrit. On délivrait à chacun le minimum pour le comprendre. L’expérience se chargeait d’aider à le décrypter, à deviner ce qui se cachait derrière tel éditorial ou telle interview. Qui aujourd’hui est conscient, en regardant un reportage, de la mise en scène intervenue pour aboutir au document diffusé. Ainsi, les retrouvailles d’un prisonnier politique palestinien récemment libéré par Israel. On veut une image touchante. Alors on refait la «prise», car la vie ne fait pas toujours «bien» les choses. Résultat : un homme s’avance tranquillement, familiarisé avec un environnement qu’il est censé ne pas avoir vu depuis plusieurs années, sa femme sort de la maison, lui passe la main autour du cou, l’embrasse, rit, pleure, le fils attend le regard rivé à l’objectif de la caméra, se cachant à peine pour rire d’une situation ridicule. Ridicule ? Pas pour nous qui aurons vu, à 20 heures le prisonnier palestinien revenant chez lui. Qui arrive à faire la différence entre des images d’archives et des reportages récents? Personne à part les ouvriers télévisuels qui connaissent les ficelles. Il faut, une fois dans sa vie regarder une émission de télé avec l’un d’eux et le laisser commenter. L’exercice sera à coup sûr savoureux et démystifiant… sauf s’il s’est pris à son propre jeu. Qui connait la ligne éditoriale d’une chaine de télévision ? Personne puisqu’on nous répète «qu’on est objectif». Là encore, l’objectivité est une escroquerie. L’image est travaillée, nous l’avons vu. Le choix des images est fait avec soin. N’oublions pas qu’on est parvenu à nous faire croire à la guerre «chirurgicale» du Golfe. On nous a expliqué, détaillé, les armes «extraordinaires» -nos armes – qui rentraient par la porte de la maison, faisaient le tour de la cuisine, un passage dans le tiroir du buffet, sortaient par la fenêtre de la chambre avant d’aller détruire un stock de l’armée irakienne. En revanche, a-t-on vu les centaines de milliers de morts irakiens qui ont payé cette ratonnade «onusienne» ? La télévision a bien son langage propre. Il n’est pas inaccessible, pour peu qu’on nous en apprenne l’alphabet. Cette école la reste à construire .

Nous attendons notre «J’accuse»

Conséquence logique de cette carence : nous ne nous sommes pas appropriés l’outil télévisuel en citoyen. La télévision est un outil faussement démocratique. Elle semble proche, faire partie de notre intimité. Elle mêle habilement le rêve – les stars auto·façonnées – et l’apparente accessibilité à grand renfort de démagogie. En fait, sous prétexte d’une technique qui n’est pas diffusée, ce formidable moyen de communication nous a été confisqué, On y reste entre gens au costume couleur d’importance. On consent parfois à convoquer le téléspectateur de l’autre côté de la caméra, toujours pour un temps compté dans un rôle aux limites infranchissables. Pourtant, qui peut se vanter d’avoir vu vivre une République sans que les citoyens puissent s’exprimer par les mêmes canaux que ceux à qui on confie le pouvoir ? En fait, nous attendons encore notre «j’accuse» même si nous avons déjà eu notre «Messieurs les censeurs, bonsoir» et «Droit de Réponse». Le texte majestueux de Zola fut le premier acte citoyen dans la presse républicaine qui avait retrouvé une liberté peu de temps auparavant. L’échange d’opinion n’était plus réservé aux seuls initiés. la presse s’imposait comme le lieu du débat républicain. Ce fut l’affirmation tonitruante d’un contre-pouvoir, coup de génie de Zola et Clémenceau. Le contre-pouvoir télévisuel est illusoire, Quel citoyen éclairé a forcé la porte de la télévision et conçu, par exemple, une émission pour lancer à la face d’un gouvernement un «J’accuse» aussi déstabilisateur sur la politique économique ?

L’économique, justement. Les guignols de l’info ont fait dire un jour à un journaliste en vue : «Du moment que je touche ma déontologie a la fin du mois…». Une pirouette qui en dit long sur un monde où tout est argent. La logique y est financière, l’ambition, économique et la réussite, boursière. D’où l’obsession de l’audience. Osons-le, la course à l’audience n’est pas illégitime de la part d’un média. C’est même une de ses raisons d’être. Ce n’est pas la seule, loin de là, Ce ne doit pas être la charpente de sa ligne éditoriale, Pourtant, pourquoi les chaines de télévision ont-elles diffusé les images du pseudo charnier de Timisoara sinon pour faire de l’audience ? Pourquoi un journaliste a-t·il eu ou accepté l’idée de réaliser une fausse interview d’un chef d’État avare en exhibition hertzienne, sinon pour surfer sur les cimes de l’audimat ? Et en cas de remise en cause de la pertinence de la démarche, la ligne de défense est rodée et assez osée : on invoque l’atteinte a la liberté d’expression. Il faut avoir vu une station de radio privée (appelée a l’époque radio libre) faire descendre des milliers de jeunes dans la rue pour réclamer de la publicité ! Il faut avoir entendu un producteur vanter une émission nommée «vie privée» (le contenu tient dans le titre) au nom de la liberté d’expression, du droit à l’information ! La liberté d’expression est bonne fille, le droit de savoir a bon dos. Mais l’un et l’autre ne sortiront pas indemnes de ce jeu de dupes. D’autant moins que les révolutions techniques à venir renforceront le poids de la logique économique sur le contenu, l’organisation et l’utilisation des média.

Nous devons changer notre épaule de fusil…

Coupé du réel, sans volonté de raconter le monde et les Hommes dans leurs complexités : l’état des lieux intellectuels de la planète audiovisuelle peut paraitre sévère. Des citoyens sans défense, rabaissés au rang de spectateurs surtout pas engagés d’un spectacle aux enjeux financiers : un constat qui peut nous faire redouter la déprime. C’est pourquoi il convient de (re)penser la télévision dans ses rapports avec la société. La technique a fait ses preuves, personne ne songe à la contester. L’appropriation sociale de la technique est à revoir. Il nous faut changer notre épaule de fusil, ou plutôt reprendre notre fusil de citoyen : c’est dire, tout simplement, que notre travail passe par la loi, l’éducation et des choix économiques clairs et volontaires.

La loi, d’abord. On a jadis légiféré sur la liberté de la presse. On a étendu, sans trop de discernement les dispositions conçues pour la presse écrite à la presse audiovisuelle, jetant par dessus bord une révolution technologique. Puis, on a trop et mal légiféré. Une autorité morale de régulation, par exemple, n’est pas un concept sot en soi. Ce qui l’est, c’est d’en avoir changé le nom, la composition, les attributions, trois fois en 15 ans, interdisant à ces structures successives de peser sur les pratiques professionnelles. Bref, il serait temps de remettre les choses a plat. Un grand débat national s’impose donc : comment combiner République, liberté, information, débat idéologique, avec l’outil télévisuel. Concevoir la télévision comme un «pense pas bête». Alors il serait temps d’aboutir à une loi sur la liberté des media qui donnerait un cadre juridique et éthique aux relations entre les media et ceux que l’on pourrait commencer d’appeler des citoyens quelle que fut leur position sociale. En guise d’introduction impertinente à ce débat, pourquoi ne pas penser à Rousseau : «Que nos politiques daignent suspendre leurs calculs … et qu’ils apprennent, une fois pour toutes, qu’on a de tout avec de l’argent, hormis des moeurs et des citoyens.»

L’éducation, ensuite. le travail à effectuer n’est pas mince : il nous faut inventer une école républicaine, pour apprendre à lire et à écrire. Ambition considérable : savoir regarder les «étranges lucarnes» sans se laisser posséder par elles et être capable de les utiliser. Une tâche qui se doit d’être subtile, puisque la télévision nous apporte une part d’imaginaire. Or, peut·on se passer d’avantage d’imaginaire que de sel ? Ce savoir doit avoir une place prépondérante dans la culture générale des jeunes au sortir de l’école. On a jadis conçu, dans une optique similaire, un plan ambitieux «informatique pour tous». Il serait temps, aujourd’hui, de mettre un terme a l’antagonisme maître d’école/télévision et d’imaginer un plan «télévision pour chacun» afin d’intégrer l’outil télévision et son appropriation dans l’apprentissage de base des écoliers. Bref, il s’agit de donner, dans l’école, un e place judicieuse à ce moyen de communication utilisé par la quasi totalité de nos contemporains, quel que soit leur niveau social.

Les choix économiques, enfin. Étroitement liés à la technique, ces choix nous mettront en position ou non de contrôler collectivement une partie des images diffusées, la «guerre technologique mondiale» qui fait rage dans le cadre de l’avènement des «nouvelles technologies de communication», voit s’affronter de gigantesques firmes dont on n’est pas certain qu’elles nourrissent l’ambition de «Big Brother» mais qui ne sont pas prêtes a partager le pouvoir, pris a la hussarde, tant sur le terrain financier que technologique. les NTC prendront une place prépondérante dans la vie des entreprises, dans nos vies de citoyens et dans nos vies privées. Les conséquences sur l’aménagement du territoire, et sur le développement économique seront considérables. Comme ce fut le cas pour le téléphone a la fin des années soixante, les effets structurants le seront par défaut, c’est à dire quand les équipements seront absents ou en retard par rapport aux territoires concurrents. C’est dire si le besoin est grand d’une politique technologique et industrielle audacieuse. C’est dire s’il est pertinent de poser la question du retrait du système marchand de ce secteur à haute charge humaine. C’est dire si la technologie est au coeur des enjeux. Cette question, pertinente en l’espèce, ne s’est pas posée pour la presse écrite, secteur à l’économie mieux maîtrisable. Ces démarches doivent être effectuées afin de doter la France et l’Europe de structures de recherches et de structures industrielles capables de nous positionner, à terme comme producteurs, comme diffuseurs, comme créateurs. Ainsi, nous préserverons notre droit à la parole.

Un constat affligeant, tant sur l’outil que sur nous, ses utilisateurs, nous a amené à indiquer à très gros traits un chemin du progrès. Il passe par la loi, l’éducation et la politique économique (au vrai sens du terme). Mais il prend appui, et ce n’est pas négligeable, sur notre patrimoine républicain, le fameux libre arbitre cité plus haut. Ainsi vertébrés, nous serons à même de redonner un contenu à la chose publique. Nous pourrons envisager de faire du multimédia une vraie «place du marché électronique» où l’on vient non seulement pour acheter et pour vendre mais aussi pour se rencontrer, pour débattre de l’avenir collectif, pour bâtir des projets et refaire le monde, Alors ce sera un des lieux centraux de la vie sociale «réelle». Georges Balandier déclarait récemment a la revue MSCOPE : «II n’y a pas de citoyenneté possible, il n’y a pas d’exercice, de pratique de la république possibles s’il n’y a pas de liberté effective et utilisée, s’il n’y a que des fascinés, des assis pour le spectacle du monde». Alors, debout, citoyens, pour que vive la République !

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