Donner espoir. « Wath else » ?

“Alors Denis, c’est un président ? Wow !” Nathan, 9 ans, mi perplexe, mi admiratif, a commenté ainsi mon entrée dans une catégorie fort courue, celle des 1,3 millions de présidents d’association que compte notre pays (tous les chiffres sont la). 

Samedi 8 septembre, l’Assemblée générale annuelle d’Homosexualités et Socialisme m’a élu président, le 8e du nom, à la tête d’une liste qui compose désormais le bureau (que vous pouvez retrouver ici et la). Lundi 10, une interview de Christiane Taubira, garde des Sceaux, commence à circuler, sur les réseaux sociaux (elle est la) et à nous inquiéter, sur la mise en œuvre de l’engagement 31. Mardi 11, une réunion interassociative passe un peu de temps à mesurer les conséquences de la dite interview. Mercredi 12, HES est auditionnée par la ministre de la Justice et la ministre de la Famille dans le cadre de la préparation du projet de loi mettant en œuvre l’engagement 31 de François Hollande (le communiqué d’HES est ici). Il reste, au milieu de tout ça, un peu de temps libre pour aller travailler. 4 jours de mandat. « Wow », comme disait Nathan.

Homosexualités et Socialisme à été créée en 1983, à une époque où, selon les termes mêmes des lois en vigueur, on devait “occuper son logement en bon père de famille” (suivez mon regard…), où les fonctionnaires devaient être “de bonne moralité” (suivez toujours…). C’était juste un an après la suppression de l’article 331-2 du code pénal, et l’année même de la découverte du virus su Sida.

Trente ans plus tard, on commence – enfin – à croire possible “d’arrêter l’épidémie du sida dans le monde” comme le soulignait le président François Hollande dans son message à la conférence de Washington (ici), l’homophobie est une circonstance aggravante dans le code pénal (la), le Pacs (par exemple, ici) permet a tous les couples d’organiser leur vie matérielle en dehors du mariage et on s’apprête à ouvrir le mariage également à tous les couples et à rendre possibles un certain nombre de projet parentaux. HES ne prétend pas avoir tout fait, tirant je ne sais quelles ficèles comme la première éminence rose venue. Mais HES a été au cœur de tous ces combats politiques, au sein de la famille socialiste et dans la société. Comme je l’ai indiqué samedi, cette ligne rose demeure.

Nous nous engageons maintenant, dans le prolongement des campagnes de l’année 2012, dans le débat qui s’ouvre à propos du projet de loi “engagement 31”. Tous ensemble, nous avons une responsabilité supplémentaire par rapport aux communautaristes religieux et conservateurs amidonnés, qui se préparent à s’y opposer. Nous devons porter le débat à la hauteur ou il doit être. Il ne s’agit pas d’octroyer un avantage, il s’agit de permettre des vies dignes. Il ne s’agit pas du “droit a l’enfant”, il s’agit de permettre la réalisation de projets parentaux préparés, réfléchis, construits. Il ne s’agit pas de caprices d’adultes infantiles, il s’agit de permettre à tous de trouver les moyens de répondre a ce besoin de transmettre qui participe du sens de la vie. Nous devrons porter ce débat parce qu’il le mérite. Nous devons porter ce débat parce que ce qui sera en jeu, ce qui est en jeu, ce ne sont pas des situations théoriques, des cas d’écoles absurdes si familiers aux donneurs de leçons d’ordre moral. Ce qui est en jeu c’est la vie de femmes et d’hommes dans ce pays, aujourd’hui, demain. Ce qui est en jeu, finalement, c’est l’espoir. Pas une perspective chimérique mais un avenir possible.

Harvey Milk avait diablement raison quand, il y a une quarantaine d’année il définissait notre militantisme comme devant “donner de l’espoir”. “Il ne s’agit que de cela. Il ne s’agit pas de gains personnels, d’égo, de pouvoir. Il s’agit de donner de l’espoir à ces jeunes gens” disait-il. Donner de l’espoir. Rien que ça. “Wow”.

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