LGBT: des élus PS répondent à l’UDI

2016 05 Pinkwahing

Dans une tribune publiée lundi 16 mai dans Libération, des membres de l’UDI reprochaient au gouvernement son «dédain» envers les homosexuels et les trans (ici), des élus socialistes rappellent que 25 députés UDI sur 30 ont voté … contre le mariage pour tous à l’Assemblée.

logo LIBERATIONFaire des travaux chez soi, repeindre une pièce où un bout de la façade, c’est le plaisir – ou la corvée – des longs week-ends. Celui de Pentecôte, quoique raccourci en 2004 par un Premier ministre centriste du temps où ils étaient presque tous à l’UMP, n’a pas dérogé à l’usage. Nous fûmes donc honorés d’une belle expérience de pinkwashing de la maison UDI, dans ces colonnes mêmes.

Ne boudons pas notre plaisir militant, c’est une bonne nouvelle. Il est toujours réjouissant de gagner des soutiens à la cause de l’émancipation des personnes LGBT. Mais, s’agissant d’élu(e)s et de partis politiques, les actes ne doivent pas être sous-estimés.

Des avancées de la majorité

Puisque nous parlons d’actes, voyons ceux de la majorité. Son travail n’est pas parfait, c’est une chose entendue. Mais elle peut s’honorer d’avancées, qui placent désormais la France à la neuvième place européenne, sur 49 pays étudiés par l’ILGA-Europe, et même au troisième rang des pays les plus peuplés: allongement du délai de prescription pour les infractions commises à raison du sexe, de l’orientation ou de l’identité sexuelle ou du handicap de la victime, discours du président de la République à la tribune de l’ONU en 2012, mariage pour tous, ouverture de l’adoption, autorisation temporaire de la PrEP dans la lutte contre le VIH-sida, engagement d’un programme interministériel – Éducation nationale, Intérieur, Justice, Affaires sociales, notamment – de lutte contre les discriminations et les violences à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, levée de l’interdiction absolue du don du sang pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, par exemple.

Ne masquons pas les réformes qui n’ont pas été faites, comme l’ouverture de la PMA à toutes les femmes. Ne nions ni les difficultés qui demeurent, ni les progrès accomplis. Il nous reste du travail. Du travail pour convaincre nos concitoyens de la pertinence de nos propositions, du travail pour amener les responsables politiques à agir plus hardiment.

Mais la peinture, vous savez ce que c’est: si on ne prépare pas bien le fond, le résultat n’est guère convaincant. De ce point de vue, le pinkwashing est sans pitié, le rose est une couleur claire… La tribune aurait été bien plus marquante si 25 députés UDI sur 30 n’avaient pas voté contre le mariage pour tous à l’Assemblée nationale le 23 avril 2013. Elle aurait été encore plus enthousiasmante si madame Jouanno n’avait pas été l’unique sénatrice centriste – sur une quarantaine! – à ne pas s’opposer au mariage pour tous au Sénat. Nous l’aurions lue la joie au cœur si l’UDI n’était pas aujourd’hui alliée à Sens Commun – l’officine de la Manif pour tous – et au parti boutiniste par exemple dans les régions Rhône-Alpes-Auvergne, Pays-de-Loire, Île-de-France, ou dans des villes comme Argenteuil, pour ne prendre des exemples que dans l’actualité récente.
Reste des réformes à voter

Gageons que, contrairement aux apparences, l’UDI et son association GayLib ne se sont pas livrées à un bilan, mais à une profession de foi pour l’avenir. Bienvenue ! Et encore un effort, il reste quelques réformes de société à voter plutôt qu’à combattre.

Ça commence cette semaine à l’occasion du débat parlementaire consacré à la justice du 21e siècle où vous pourrez, avec les élus de gauche, apporter votre concours à ce que votre place dans la majorité d’alors ne vous a pas permis de faire entre 2002 et 2012 : avancer sur la question du changement d’état civil pour les personnes trans, établir la signature des pacs en mairie et simplifier le divorce par consentement mutuel. C’est le moment et aucun soutien ne sera de trop.

Signataires : Florence Augier, secrétaire nationale du PS chargée de la vie associative, Patrick Bloche, député (PS) de Paris, président de la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation, Richard Bouigue, premier adjoint (PS) à la maire du 12e arrondissement, Stéphane Bribard, conseiller (PS) délégué du 10e arrondissement, Marie-Pierre De la Gontrie, secrétaire nationale du PS chargée de la République et de la citoyenneté, Olivier Dussopt, député (PS) de l’Ardèche, Karine Gautreau, adjointe (PS) au maire du 19earrondissement, Corinne Narrasiguin, porte-parole du PS, Denis Quinqueton, président d’HES (socialistes lesbiennes, gays, bi et trans.

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