Les militant-e-s, athlètes de la liberté

marche2016

ImpressionUne marche des fiertés lesbiennes, gays, bi et trans, comme celle d’hier, à Paris, nous permet de dire notre fierté de nous tenir debout, notre fierté de revendiquer de vivre sans persécution, fierté d’être solidaires, fierté de faire avancer la société toute entière vers une meilleure humanité, fierté de contribuer à ce que chacun-e comprenne que si nous devons tou-te-s être absolument égaux en droit, nous sommes, chacun-e, irrémédiablement singuliers.

Pour organiser une telle marche, il faut sans doute quelques grandes gueules pour s’invectiver à coup de captures d’écran Googlemap en discutant du parcours, pour pinailler sur le mot d’ordre à la virgule près, pour s’envoyer des méga-octets de mails afin de percer les vils desseins cachés d’un ministère de l’Intérieur passablement inquiet, trois semaines après le massacre homophobe au Pulse d’Orlando.

Et puis il faut des militant-e-s. Des militant-e-s, ce sont les volontaires de l’Inter-LGBT qui organisent le bon déroulement de la marche avec la préfecture de police, qui arpentent le parcours quelques jours avant pour repérer précisément où vont s’installer les 80 chars qui se mettront en mouvement progressivement. Des volontaires de l’Inter-LGBT qui, tout au long de la marche et tout au long du parcours, veillent. Des volontaires de l’Inter LGBT qui ont organisé un sacré concert en plein air, à l’arrivée, place de la Bastille, parce qu’on ne va pas se séparer comme ça, on a tant de choses à se dire, à vivre, ensemble.

Des militant-e-s, ce sont aussi des femmes et des hommes qui réfléchissent pendant des semaines à un char, à l’allure qu’il aura, au message qu’il portera. Des militant-e-s, ce sont des femmes et des hommes qui, le jour de la marche, arrivent le matin, en métro ou en bus, les bras chargés d’extravagant pour faire de la politique, oui, faire de la politique, en décorant un camion, en gonflant des centaines de ballons avec une bouteille d’hélium puis avec leurs poumons quand la bouteille est vide. Des militant-e-s, ce sont des femmes et des hommes qui assurent la sécurité autour d’un véhicule fendant la foule pendant des kilomètres afin que nul incident, ou accident, ne ternisse cette fête politique et revendicative.

A HES, ces militant-e-s s’appellent Sophie, Antoine, Corine, Lennie, Stephanie, Philippe, Marie, Christophe, Lunise, Thomas, Stephane, Laredj, Nicolas, Myriam, Benjamin, et tant d’autres encore. Ils ont apporté, hier, une preuve supplémentaire que, dans une société fascinée par les destinées individuelles, on va beaucoup plus loin, ensemble.

Ces lignes ne suffisent, bien sûr, pas à leur dire un immense merci pour leur travail, leur bonne humeur, leur intelligence, leur créativité, pour hier et pour l’année durant, pour le char et pour les réunions, pour les ballons et pour les discussions politiques, pour les moments où nous convainquons et les moments où nous perdons. Elles et ils sont de merveilleux athlètes de la liberté.

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