Campagne de prévention du VIH : les réacs perdent les pédales !

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Billet publié sur le site du Parti socialiste et sur le site d’HES par Corinne Narassiguin, porte-parole du parti socialiste et moi.

ImpressionLa campagne de prévention du ministère des Affaires sociales et de la Santé, « les situations varient, les modes de protection aussi » est largement diffusée par voie d’affiches. Alors que le nombre de contamination au VIH et aux autres IST (infections sexuellement transmissibles) reste élevé, il est utile et important de sensibiliser chacun sur les moyens de s’en protéger dans différentes situations qui peuvent se présenter dans la vie. À la demande de tous les spécialistes, cette campagne en plusieurs volets est d’abord ciblée vers la population qui reste très nettement la plus exposée, les HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). Une maladie n’étant pas une punition, ce ciblage n’est pas moral mais statistique. Les HSH étant des hommes comme les autres, il fallait passer par une campagne grand public pour les atteindre.

« Les situations varient »… mais pas les réacs ! En pleines primaires de la droite, les ligues de vertu ont choisi de mettre en cause cette campagne de santé publique au nom de leur morale particulière. La présence de deux hommes habillés sur une affiche serait, selon un responsable LMPT, un « manquement à la décence ». Les courts textes évoquant différents type de rencontres constitueraient, pour un ex candidat à la primaire, « un appel public à l’adultère » tandis que les associations familiales catholiques, y voient, sans doute par atavisme, des « personnes homosexuelles qui semblent réduites à des pratiques pulsionnelles ». Enfin, la campagne du ministère de la Santé signerait, selon des twittos désœuvrés et quelques maires soucieux de caresser leurs agents électoraux intégristes dans le sens du dogme, une « attaque contre les enfants ». Rien que ça !

2016-11-aulnay C’est en collant l’affiche annonçant cette réunion organisée en réaction à l’arrêté municipal illégal et homophobe du maire, que des militants de l’association « mieux vivre ensemble à Aulnay-sous-Bois » ont été arrêtés par la police municipale à la demande du maire, remis à la police nationale… qui les a, bien sûr, libérés.

Le maire d’Aulnay-sous-Bois a pris un arrêté municipal tout exprès, un arrêté justement attaqué en justice par la ministre de la santé et des affaires sociales et des associations de lutte contre les discriminations. Les maires d’Angers et du Chesnay font pression sur l’afficheur. On est étonné du retard à l’allumage de polémique des maires de Béziers et Fréjus, pourtant rarement en reste quand il s’agit de se fourvoyer dans de mauvaises querelles. Cette nouvelle séquence d’hystérie inutile et dangereuse intervient après la demande d’interdiction, par le groupuscule de la Manif pour tous, d’un colloque universitaire international sur la GPA (gestation pour autrui) organisé la semaine dernière au Muséum d’histoire naturelle à Paris et après les actions de censure engagées contre des projections du film La sociologue et l’ourson, il y a plusieurs mois.

Pendant que les réacs perdent les pédales face à une société qu’ils ne comprennent pas, les Françaises et les Français entendent continuer à vivre dans un pays où ce sont les spectateurs qui jugent de la qualité d’un documentaire, où l’université n’est pas sous le joug d’un ordre moral de pacotille et où le gouvernement se soucie de la santé de tou·te·s.

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