« Prendre part à la grande conversation publique qui façonne nos devenirs »

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(Photo : T. Doussau)

Voici les quelques mots que j’ai prononcés samedi 5 novembre, pour l’ouverture de l’Assemblée générale de Rainbow Rose, salle Marie-Therese Eyquem, au siège du PS à Paris.

ImpressionBonjour et bienvenus à Paris, au siège du Parti socialiste. Après notre réunion à Marseille en 2013, et nos assemblées générales à Bruxelles, Madrid, Berlin, voici Rainbow Rose revenu dans cette ville et en ces lieux.  La dernière réunion parisienne de Rainbow Rose à eu lieu en 2006. Nous préparions alors une élection présidentielle en France que nous n’avons pas gagné. Ça n’était que partie remise.

Merci d’avoir accepté notre invitation.

Nous sommes dans la salle où se réuni, chaque semaine, depuis vingt-cinq  ans, le bureau national du Parti socialiste. Cette salle s’appelle « salle Marie-Therese Eyquem ». Marie Thérèse Eyquem était une dirigeante du sport féminin puis une militante du renouveau féministe des années 60, aux côtés de l’ancienne ministre Yvette Roudy, de l’avocate Gisèle Halimi, de la sociologue Evelyne Sullerot. Voilà donc l’AG de Rainbow Rose placée sous le patronage d’une grande militante féministe.

Je parlais de Gisèle Halimi, l’avocate qui s’est battue en France pour que les femmes aient le droit de choisir. C’est aussi elle qui, devenue députée en 1981, a plaidé à la tribune du parlement pour la dépénalisation des relations homosexuelles en France.

Nous avons derrière nous une galerie de portraits, de femmes et d’hommes d’Etat que le PS a donné à la France. Je ne vais pas tous les citer. Léon Blum, le premier ministre du Front Populaire qui fut le premier à nommer des femmes au gouvernement, alors qu’elles n’avaient pas encore le droit de vote. François Mitterrand, bien sûr, president de la Republique de mille neuf cent quatre vingt un à mille neuf cent quatre vingt quinze qui voulu que l’homosexualité soit dépénalisée en France. Elle l’avait été pendant la Révolution française – en 1791 – mais elle fut repénalisée en 1942. Pierre Beregovoy, qui fut premier ministre en 1992. Nous lui devons, notamment, les prémisses de l’union civile qui allait voir le jour sous Lionel Jospin. Et François Hollande, enfin, le président qui a ouvert le mariage et l’adoption aux couples homosexuels.

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(Photo : T. Doussau)

C’est sous ces regards historiques que nous allons travailler pendant deux  jours. Ils vont veiller sur nous, ces acteurs de la longue marche de l’émancipation des personnes LGBT en France dont nous avons inscrit les grandes étapes sur le sac qui vous a été remis tout à l’heure. Je vous ai beaucoup parle de passé car l’avenir, c’est à vous, à nous, qui allons travailler ici pendant deux jours qu’il appartient. Je vous ai beaucoup parle d’histoire car pour prendre soin de l’avenir, mieux vaut mesurer les progrès intervenus, les reculades qui menacent, le chemin parcouru.
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C’est ce travail que nous avons fait à HES, cette année, avec la préparation et le vote de notre « Manifest’HES ». En faisant cela, nous avons fait le pari qu’un  socialiste belge bien connu, Paul Magnette, avait raison : « la vitalité démocratique a toujours été l’alliée de la gauche. (…) À la violence de l’autorité, elle substitue le pouvoir de la discussion. » Il note aussi que les réactions face au terrorisme – nous en savons quelque chose ici, à Paris – montre que les citoyens « ont soif de vivre libres, de s’exprimer, de prendre part à la grande conversation publique qui façonne nos devenirs. »

Je veux, pour terminer, saluer les dirigeants du Parti socialiste qui nous ont beaucoup aidé à organiser cette AG, ainsi que les personnes qui travaillent ici, au siège du PS. Je veux saluer votre, notre president, Aurelien Mazuy, qui, en plus d’être un ami, fait un travail exemplaire à la tête de Rainbow Rose qui alimente « la grande conversation publique qui façonne nos devenir ».

Alors, à tous, bon travail et bon séjour. J’espère que nous avons été à la hauteur.

Good morning and welcome in Paris, at the headquarters of the Socialist Party. After our meeting in Marseille in 2013, and our general assemblies in Brussels, Madrid and Berlin, Rainbow Rose now comes here, in this city and in this place. The last Paris meeting of Rainbow Rose was held in 2006. We were then preparing a presidential election in France that we did not win. But this was only postponed.

Thank you for accepting our invitation.

We are in the room where the national Bureau of the Socialist Party has been meeting every week for 25 years. This room is called « Marie-Therese Eyquem room. » Marie Therese Eyquem was a leader of women’s sport, she was socialist and a feminist activist in the 60s, alongside the former minister Yvette Roudy, the lawyer Gisèle Halimi, the sociologist Evelyne Sullerot. So I’m glad to open Rainbow Rose’s under the patronage of great feminist.

I was talking about Gisèle Halimi, the lawyer who fought in France for women’s free choice. When she became member of parliament, in nineteen eighty one, she argued strongly  for  decriminalization of homosexual relations in France.

We have behind us a gallery of portraits of statespersons that the PS has given to France. I will not mention all of them. Léon Blum, Prime Minister of the Popular Front who was the first to appoint women in his 1936 government, even before they got the right to vote. François Mitterrand, of course, President of the Republic from nineteen eighty one to nineteen ninety-five, who ensured that homosexuality was eventually decriminalized in France. This has actually already been done during the French Revolution – in 1791 – but it was criminalized again in 1942, by the pro-nazi Vichy government. Pierre Beregovoy, who was prime minister in nineteen ninety-two. We owe him the beginning of the reflection on a civil union that would be approved a few years later, under Lionel Jospin’s government. François Hollande, our current President, who opened the marriage and adoption to same-sex couples.

It is under these historical portraits that we will work for two days, reminding us of the long march of emancipation of LGBT people in France. For the record, the steps I have mentioned are listed on the bag that was given to you upon registration. I have talked a lot about the past. It is now time for us all to work for the future: a future that belongs to us. Talking about history is important to ensure that we prepare a better future made of progress. Let’s learn from pas battles to avoid the setbacks that remain threatening.

It is this work that HES is trying to push forward this year, with the preparation and the adoption of our « Manifest’HES », our contribution to the socialist manifesto for next year’s general election. By doing this, we made the bet that a well-known Belgian Socialist, Paul Magnette, was right: « democratic vitality was always allied with the left. (…) The violence of the authority overrides the power of discussion.  » Magnette also rightly noted that reactions against terrorism – and we know something about it here in Paris – show that citizens “want to live free, to express themselves, to take part in the great public conversation that shapes our futures.”

In conclusion, I want to greet the leaders of the Socialist Party who helped us to organize this GA, as well as the people who work here, at the headquarters of the Socialist Party. I commend our president, Aurélien Mazuy, who, besides being a friend, does an fantastic job at the head of Rainbow Rose, taking part of « the big public conversation that shapes our future. »

So, everyone, good work. I hope we’ve been up to.

 

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