Catégorie : Fictions

J’en écris peu mais, parfois, ce mode est venu naturellement, presque sans réfléchir, sous la plume. Parfois, un détour par la fiction permet d’évoquer une réalité trop… réelle, trop pesante. C’est une manière de reprendre la distance nécessaire sur une situation trop proche.

J’vous ai apporté des bubons

La nomination de Frédéric Mitterrand au ministère de la culture s’est accompagné d’une polémique sur la vie sexuelle du neuve de l’ancien président de la République, lancée par Marine Le Pen et relayée par le Parti socialiste sur la base de passages de son livre « La mauvaise vie » (Robert-Laffont, 2005). Comment dire… ? Et bien je l’ai dit, ou plutôt écrit, dans un furtif blog sous la forme d’une fiction : un voyage en train d’Alphonse, personnage récurent du blog en question.

Le train qui le ramène de Creuse vers Paris roule à vive allure après Orléans. Alphonse, les traits tendus, regarde le vague du paysage défiler par la fenêtre. Il se dit que les vaches vont finir par attraper un torticolis à cette vitesse ! L’absurdité de sa pensée le fait à peine sourire. C’est comme s’il était vide. Continuer la lecture

Force Nez

Alphonse s’est levé du pied gauche, comme on dit. Mais l’idée de mettre en marche pour la première fois sa cafetière toute neuve tempera son humeur maussade. Il allume la radio où l’on se perd en conjecture sur la dernière annonce du gouvernement, entre un remaniement en forme de gamelle roborative pour politiciens de gauche trop près de ce qui est encore l’âge de la retraite et la nomination d’une commission sur un emprunt d’État. Une affaire bien menée cette histoire d’emprunt qui propose d’emprunter aux plus riches de l’argent que tous leur rendront avec intérêt. “De la re-redistribrution, en quelques sortes”, se dit Alphonse. Mais il paraît qu’on ne peut pas faire autrement, alors… Et puis ce n’est pas la première fois, re-alors…  Continuer la lecture

Secrets d’humain

Voici un monologue face à un interlocuteur muet et mystérieux. Un monologue de fiction, écrit un an après. Juste un an. Oui, enfin, de fiction… Bref, un écrit sur la mort, un sujet un peu lourd mais difficilement évitable. Le texte a quelques longueurs et je ne promets pas de fou-rires à la lecture. Mais pourtant, c’est aussi en en parlant calmement que l’on apprivoise autant qu’il est possible, c’est à dire très peu, ce moment singulier de la vie.

Ah oui, vous reconnaissez toutes ces enveloppes coincées sous mon bras. J’ai peur qu’elles m’échappent et tombent par terre. Je rentre de voyage plus tôt que prévu, je n’avais pas de sac en plastique et, là, il faut que je remonte chez moi pour inscrire les adresses qui manquent et les timbrer. Ah, si vous voulez m’aider, prenez ma petite valise et montez avec moi, nous boirons un thé ou ce que vous voulez. Il est presque cinq heures après tout. Bordées de gris et ornées d’un logo gaufré dans l’épaisseur du papier, ces enveloppes disent ce qu’elles contiennent, la nouvelle qu’elles emportent, la douleur et la tristesse qu’elles apportent. Continuer la lecture

Histoire d’un homme qui croyait aux lendemains qui chantent

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Le lendemain de la mort de François Mitterrand, j’arrive à la mairie où je travaillais à l’époque et je tombe sur une conseillère municipale en larmes. Je m’enquiers de la cause sa grande peine, redoutant la perte d’un proche… Elle me regarde interloquée et me demande ce que l’on organise à l’occasion de la mort de l’ancien président de la République. Je suis tombé des nues et lui ai répondu que l’on s’en occupait. Nous nous en sommes effectivement occupés. Mais j’ai vécu cette période de d’affliction nationale avec un profond décalage.   Continuer la lecture