Mots-clé : Marc Bloch

En sanction du désastre…

« Une singulière loi historique, écrit Marc Bloch dans L’Étrange défaite, semble régler les rapports des États avec leurs chefs militaires. Victorieux, ceux-ci sont presque toujours tenus à l’écart du pouvoir ; vaincus, ils le reçoivent des mains du pays qu’ils n’ont pas su faire triompher. Mac-Mahon malgré Sedan (photo), Hindenburg, après l’effondrement de 1918 ont présidé aux destinées des régimes issus de leurs défaites ; et ce n’est pas le Pétain de Verdun, non plus que le Weygand de Rethondes, que la France a mis ou laissé mettre à sa tête. » Avec une ironie mordante, Jean Zay dit un peu la même chose. Dans Souvenirs et solitude, ses carnets rédigés alors qu’il était emprisonné par le régime de Vichy, il moquait les militaires qui, « ont perdu une guerre par leur impéritie et leur manque d’imagination » et qui « en sanction du désastre », « s’emparent du pouvoir ». Continuer la lecture

1940 : désastre au printemps

Critique du livre d’Eric Roussel, « Le Naufrage » (éditions Gallimard, collection « Les journées qui ont fait la France) pour Esprit Critique, la newsletter culturelle de la Fondation Jean-Jaurès.

1940. Délicate gestion du souvenir. Viendrait-il à l’idée d’un quidam de marquer de quelque manière que ce soit le 18 juin 1815 ou le 25 août 1898? La mémoire collective ne s’attarde que rarement sur la bataille de Waterloo (Belgique) ou sur celle de Fachoda (Soudan). Soit.  Continuer la lecture