Mots-clé : Mitterrand

Le Pacs, le RER et la démocratie

Tribune écrite dans le cadre des premières primaires organisées par le Parti socialiste, qui opposait Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, qui fut publiée sur marianne2007.info.

Le sentiment d’impuissance qui caractérise les relations entre les citoyens et leurs élus existe parce que la société est extraordinairement complexe, que le siège réel du pouvoir est multiple, pas précisément identifiable, du coup inaccessible, et qu’il n’est pas aisé dans ces conditions d’exprimer plus qu’une plainte, un reproche, une récrimination.

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François Mitterrand, un intellectuel en politique

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Voici une critique pour la News des livres de la Fondation Jean Jaurès. Elle était censée présenter l’ouvrage publié en 2006 reprenant les entretiens entre François Mitterrand et Marguerite Duras (1) réalisés pour L’Autre journal en 1984. J’avoue m’être détaché franchement du livre pour me concentrer sur l’un des deux auteurs…

logoFJJLe 8 janvier 1996, un homme s’en va, un homme arrive. Selon le point de vue duquel on observe cette transmission symbolique, l’homme qui arrive est Jacques Chirac, qui a été élu président de la République  huit mois plus tôt et fait, de l’avis général, son « discours du trône » à l’occasion du décès de son prédécesseur, ou Lionel Jospin, qui prend alors avec talent le leadership de la gauche. On pourra s’interroger ou ironiser sur cet homme qui, au soir de sa vie, s’est retrouvé avec deux successeurs : l’un dans ce qui fut sa fonction pendant 5107 jours et l’autre dans ce qui fut son rôle historique. Dix après, on pourrait encore plus s’interroger ou ironiser sur cet homme qui n’a pas de successeur ni dans un cas, ni dans l’autre… C’est que, comme le disait Lionel Jospin au milieu d’une foule arborant chapeaux et écharpes l’autre jour à Jarnac, l’Histoire ne représente ni les faits, ni les hommes.
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Avant-mémoires extimes…

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Critique de «Libre», l’un des deux livres qu’a signé N. Sarkozy, pour la «News des livres» de la Fondation Jean-Jaurès. Elle n’a pas si mal vieilli, quoiqu’un peu surplombante…

Un homme politique français est censé passer une partie de son temps à sa table de travail en train d’écrire un livre. Ce reste de tradition politique du courant du XXe siècle a intégré derechef les plans médias des responsables politiques du moment. Chacun, qui a un peu d’ambition, y sacrifie : avec plus ou moins de bonheur, de nègre ou de journaliste faire-valoir. Dans ce livre de Nicolas Sarkozy, point de faire valoir, de nègre on ne sait pas et de bonheur, très peu. Si on n’est pas certain de préférer l’homme en ministre de l’intérieur plutôt qu’en écrivain, ce n’est sans doute pas parce qu’on trépigne d’impatience à l’idée de lire son troisième livre.  Continuer la lecture

Histoire d’un homme qui croyait aux lendemains qui chantent

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Le lendemain de la mort de François Mitterrand, j’arrive à la mairie où je travaillais à l’époque et je tombe sur une conseillère municipale en larmes. Je m’enquiers de la cause sa grande peine, redoutant la perte d’un proche… Elle me regarde interloquée et me demande ce que l’on organise à l’occasion de la mort de l’ancien président de la République. Je suis tombé des nues et lui ai répondu que l’on s’en occupait. Nous nous en sommes effectivement occupés. Mais j’ai vécu cette période de d’affliction nationale avec un profond décalage.   Continuer la lecture

Dieu, Vichy, nous… Que leur dire ?

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Texte indéfinissable écrit après la parution du livre de Pierre Péan, «Une jeunesse française – François Mitterrand, 1934 – 1947», (Editions Fayard). Il est paru dans «Lieux Communs», la revue de l’Association de recherches et d’études sociales (ARES). Sa férocité est à la mesure du sentiment de trahison né à la lecture du livre de Pierre Péan.

«On voudrait rêver d’un itinéraire plus simple et plus clair». Lionel Jospin a trouvé les mots justes en cette mi-septembre 1994.  Continuer la lecture