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Terrorisme : le grand « sidérathon »

LondresBFM

Tribune parue sur le site Yagg.com vendredi 16 janvier 2015. Il n’y a pas que l’attentat à Charlie Hebdo et la prise d’otages à la supérette casher de la porte de Vincennes qui nous ont touché. Leur couverture par la télévision fut aussi éprouvante…

LogoYaggIl a fallu, vendredi 9 janvier après midi, une « note » du Conseil supérieur de l’audiovisuel aux rédactions pour rappeler qu’en couvrant une prise d’otage, on ne doit pas mettre en danger la vie des femmes et des hommes chargés de rétablir l’ordre ni celle des otages. J’en passe et des pires, mais il faut dire qu’il s’était trouvé un « journaliste » suffisamment lobotomisé par sa culture d’entreprise pour tenter de joindre par téléphone les deux déments sanguinaires de Charlie Hebdo pendant que les forces de l’ordre tentaient de les amener à la reddition. Continuer la lecture

Mariage pour tous : que restera-t-il de la Gauche ?

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Article paru dans le numéro 125 (décembre 2014) d’Esprit Critique, publié par la Fondation Jean Jaurès que vous pouvez télécharger .

logoFJJAlors que le tout-Paris bruisse de cette « révélation » de Closer , à savoir la publicité de l’orientation sexuelle d’un des dirigeants du Front national, croyant sans doute y voir un prix Pulitzer en puissance, bien calé entre un scooter présidentiel et des jumeaux monégasques, prenons le parti du recul afin d’essayer de commencer à comprendre ce qu’il s’est passé en France à l’hiver 2012 et au printemps 2013. Continuer la lecture

Pourquoi Jaurès ? Il n’était pas somnambule !

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PictoOKPourquoi Jean Jaurès ? Pourquoi ce normalien brillant, auteur de deux thèses – une en français sur la religion et une en latin sur le socialisme -, pourquoi ce bourgeois républicain, plus jeune député de France en 1885, a-t-il pris une place singulière dans l’histoire du mouvement progressiste et dans celle de notre pays ? Pourquoi cette silhouette accrochée à un drapeau rouge haranguant la foule rassemblée sur la plaine du Pré-Saint-Gervais en 1913 est-elle devenue familière ? Pourquoi sa barbe de patriarche symbolise-t-elle la liberté et l’émancipation ? Continuer la lecture

Maurice Boscavert…

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PictoOKLa première fois que je l’ai rencontré, nous avons discuté un moment sur un trottoir de Taverny, en sortant d’une réunion. J’avais 23 ans. Il m’avait alors raconté, avec force détails mais des yeux malicieux, qu’il avait fait ses études à la Villa Médicis à Rome. Et comme j’étais crédule, que j’ignorais pratiquement tout de lui et de la dite « Villa », je l’avais cru. Un ami, qui l’est d’ailleurs toujours, le connaissait mieux que moi et assistait à cette conversation. Il savourait et s’était retenu de pouffer. Mais comme c’était déjà un ami, à peine passé le coin de la rue, il m’avait remis les pieds sur terre et nous avions éclaté de rire. Pourtant, il n’avait pas été avare de précisions, le bougre. C’est ainsi que je l’ai connu, dans un éclat de rire. Continuer la lecture

Martin Nadaud, député et patriarche républicain (4/4)

Résumé des épisodes précédents que vous pouvez retrouver ici, ici et : Martin Nadaud n’a pas 15 ans lorsqu’il « fait » son premier voyage à pieds de la Creuse à Paris pour aller travailler sur les chantiers du bâtiment dans la capitale du royaume de France, en 1830. Élu député républicain de la Creuse à la faveur de la révolution de 1848, il est arrêté au moment du coup d’état du 2 décembre 1851. Exilé en Angleterre jusqu’à la fin du Second Empire, l’ancien maçon finira par y devenir professeur de Français. Rentré en France après la guerre de 1870, il est nommé préfet de la Creuse par Gambetta. Il deviendra conseiller municipal de Paris puis retrouvera son mandat de député creusois a la veille de la crise du 16 mai 1877.

A l’occasion de la mise en place des deux nouvelles chambres prévues par les lois constitutionnelles, en 1876, Le Figaro publia un petit livre intitulé Sénateurs et députés, silhouettes a la plume. L’élu de Bourganeuf, ancien maçon, y est ainsi décrit, : « taille moyenne, très large d’épaules, tournure de maçon, toujours coiffé d’un chapeau haute-forme, barbe longue et à peu près blanche, teint allumé quoi que très sobre, voix de trombone capable de faire crouler les murs de la chambre pour avoir l’occasion de la rebâtir : affaire de métier. » Est-ce que sa « voix de trombone » porta jusqu’à l’Elysée faire frétiller les oreilles du maréchal de Mac Mahon, président de la République et royaliste ? Toujours est-il que dans la crise du 16 mai, Nadaud comptera, sans surprise, parmi les républicains, et qu’il fera partie des fameux « 363 ». Continuer la lecture